A
A comme le Aaaaaaaaaah adressé au médecin qui examine nos amygdales.
A comme le Ah Ah ! du rire poliment contenu, jusqu'au AhAhAhAhAhAhAhAhAhAhAh du rire interminable et contagieux.
A comme le AAAAAAA au recueillement prolongé jusqu'à ...men.
A comme le aaaaaaa tendu vers l'explosion libératrice : ...tchoum !!!
Et le A de tous les débuts : A vos marques ! A mon commandement ! Et de toutes les interventions : A moi ! A vos souhaits ! A vos ordres !
B
Le Bééééé du troupeau de Panurge.
Le Beeeeeeh de l'écoeurement.
Le Bébé de ceux qui bégayent.
Et le B de la bouche ouverte.
Le B du cheval.
Le B masculin d'Alger.
Et le B féminin de Naples.
Et celle qui est vitrée.
C
Le C inflationniste : C... t-à-dire, trop tard, interdit, à moi, pas moi, pas juste, rigolo, idiot, ma faute, pas le bon jour, dur à dire...
Le C de l'ordre bégayé : "Cessez...".
Le C de qui sait.
Le C égoïste du réfléchi : "Il s'est dit, vu, reconnu, mordu, fâché, sali, pendu...".
Plus égoïste encore, le C du possessif : "Ses affaires, chaussettes, enfants, amours, opinions..."
Le C avec une liaison : "Sept et demi, sept heures..."
D
Il y a celui qui coud pendant que l'autre joue (souvent à plusieurs).
Il y a celui qui met le trône ou l'autel à l'abri d'une ombre improbable.
Pour les cinéphiles bégayeurs, c'est une fille d’Anvers.
C'est l'armée monstrueuse des indéfinis : D jeunes et D vieux... D jours et D nuits... D souris et D hommes…
E
C'est l'indécision du niais : Heuuuuuuu
C'est ce dont on peut se passer quand on s'appelle Georges Perec.
Chez le E muet, on n'entend que son petit frère ë.
E a plein de cousines lorsqu'il est minuscule : é, è, ê. Leur E né rougit facilement (surtout les paumes). Il y a les jumelles : l'E lasse et l'E lisse.
Il y a celle qui se fait sauter par le cheval. L'autre qui se laisse tailler.
Les frères ennemis, celui qui hait et l'autre qui est. Malgré les efforts de celui qui fait la liaison.
H
Il y a celle du bourreau.
Et il y a celui du drogué.
C'est peut-être la même chose.
Le H muet ou aspiré, peut-être à cause de la bombe.
G
G, c'est l'avare, le goinfre, l'égoïste, qui veut tout, possède tout et garde tout.
Le G a de belles couleurs bleues à ses plumes et nous cajole en criant.
Il peut être noir lorsqu'il sert de verroterie.
I
Le iiiiiiiiiih de qui subit des chatouillis.
Sur la route, un I de poule.
Passer l'I vers quelle destination ?
Le I bout à quelle température ?
Le moderne i-pod et ses cousins anglosaxons e-mail, e-book
J
Ci-J le DCD.
J suis, J reste.
Ce J laid a une femme J ronde.
K
La certitude du K échéant et l’incertitude du K-zoù.
Ne faisons pas de publicité au K par K.
Et encore moins pour le KK (le grec, tout de même, quelle langue !) sauf celui qui fraye avec le O (heureusement qu'il y a le maya...)
L
L comme Elle, évidemment, et tout ce que ce que le féminin a d'infini (chacun imaginera la suite à sa convenance) : Elle me soûle... Elle me fait planer...
L comme aile pour ceux qui sont des anges, à condition de ne pas battre de l'L. Les affamés préféreront celle du poulet. Les enfants dessineront celles de l'avion, leur père rayera celle de sa voiture.
M
On peut commencer par l' M de "Et m... !" des livres imprimés aux temps où l'on censurait les jurons.
On peut évidemment préférer l' M de "Il m' M" ou "M-moi". Donc M Manuel, est-ce un solo ou un duo ?
N
La N si médiatisée, mais pourtant inconcevable, inexplicable, intolérable, etc.
L'N en pli anatomique.
Les innombrables n+1
O
L'O de source, de javel, de vaisselle et les Otres sont toutes arrivées à l'O céant.
Les O mages dédaignent les O masses.
L'Ooooooh admiratif, et l'O péremptoire qui se termine là, l'agacé qui fait lah-lah.
Plus musclé, le O qui hisse les voiles.
Si bien que, vertical, il domine la situation et nous regarde de O. Il a beaucoup de valeur chez les fonctionnaires, et beaucoup de prix quand il est parvenu à monter sa gamme. Surtout perché sur ses talons O.
Il y a le O parleur bavard, le O fourneau brûlant, et le O fond où les O sont trop basses pour naviguer.
Les O se réunissent en société secrète qu'on appelle squelette.
O début, il n'est pas O bout de ses peines, et O final, il est O plus mal. C'est la vie...
P
Pour les enfants : doublé comme le grand-père. Jadis les mecs désignaient ainsi le féminin (sous forme généralement petite et souvent plurielle).
Pour les grossiers ou les colitiques : P comme pet.
Pour les antimilitaristes : P comme paix.
Pour les salariés, P comme paie.
Pour leur patron, le P valorisant DG.
Q
On s'y attendait : on trouve le Q de basse fosse en compagnie du Q de sac et du Q de bouteille qu'on a vidée Q sec. Ils sont légion, et pourtant on trouve encore le Q rare.
C'est bizarre: les films et les romans QQ n'ont rien de pornographique.
R
R, c'est l'avoir, bien sûr, même si c'est de rien, ou à l'inverse d'en avoir deux.
L'R peut être du temps ; il est suffisant pour vivre, surtout parfumé par Nina.
L' R d'opéra est enchanté à la flûte.
Mais le féminin est moins poétique : quand R égale Pi r², pour stationner ou atterrir.
S
S que vous êtes d'accord avec moi pour ignorer le SS ?
L'S sort pour s'occuper des S cargos arrêtés à l'S cale, où ils seront reçus par l'S cadre et l'S comte.
L'S poire évite de rencontrer l'S crime et l'S croc, mais il est suivi par l' S pion (dit l' "S suit tout"). C'est l'S Thomas qui le prévient, parce qu'il est un S sait.
Un S ceint d'abeilles est à protéger.
Après tout cela, je boirai un S bien sucré.
T
A tout seigneur tout honneur, je célèbre le T vert, noir (rouge pour les Chinois), jaune, blanc. Buvez-le en toute saison, et pas seulement les T. Croyez-moi, je m'y connais, en T au logis !
T-toi, T trop bête.
Dans la mare, le minuscule T tard est T nu.
Le BB a TT T seins.
Le T laid filme des beaux T.
Mieux vaut la T d'oreiller que la T de cornée.
U
Le U avance, à condition de ne pas aller à dia.
Au pluriel les U ont comme copines les coutumes.
Le U rond et le U lent sont d'anciens guerriers.
Il sait faire beaucoup de choses : le U ricane, le U nie, le U percute.
Le U acheté est très laid.
V
Un V qui fait 5 !
Ils sont nombreux dans la famille : le V rond et le V roux, le V sot et ses cousins le V cul et la V nulle.
Le V sait. Mais non, ne le crois pas : le V te ment.
W
Contrairement à ce qu'on pourrait déduire de ce qui précède, le W ne fait pas 10.
X
C'est celui-ci qui fait 10, et en plus il multiplie ; jusqu'où ira-t'il ? A Polytechnique, bien sûr.
Le X est l'espion par excellence : anonyme à la naissance, inconnu dans l'existence, nos yeux ne peuvent le voir rayonner que dans les films pornographiques.
Et pour mieux se camoufler, il se fait appeler isque par certains.
Y
Il n'est pas seulement grec : il est partout. Vous en doutez ? Allez-y et vous l'y trouverez.
Z
En liaison comme à l'école : "... Passer des jours entiers Z-é nuits à cheval" ; ou plus couramment : "Vous pouvez nous Z-er ?"