24 mars 2017

Sur le paillasson, cette mésange bleue vient aux provisions pour faire son nid ; les jours précédents elle a si bien nettoyé le paillasson pour en tirer filaments et débris qu'elle n'a plus d'autre ressource à présent que de d'arracher les fibres du paillasson même. Elle s'acharne avec la dernière énergie, pique, tire, extirpe, avec tant de force qu'elle soulève le paillasson par saccades rapides, on la croirait sur un trampoline.

 

7 février 2017

Lu dans Eloge de la nuit de Catherine Clément : "Vous êtes la mère du négatif. Tout ce qui nie, divise, viendrait de vous. Voilà pourquoi les poètes vous adorent. Et les philosophes, donc ! Sans vous, que feraient-ils ? Du plein ? Du positif ? Du bien, du beau ? Ce ne serait pas sérieux."

Voilà pourquoi on publie tant d'histoires de meurtres, de viols, de génocides et d'exactions, pourquoi les romans décrivent avec complaisance tout le sadisme dont les humains sont capables et transforment le lecteur en voyeur éhonté : ça, c'est du sérieux !

 

30 janvier 2017

Les vrais écrivains passent outre ce qu'on apprend à l'école ; "évitez les participes présents" et Claude Simon les utilise en enfilade pour fabriquer un texte sonnant comme un poème bien rimé ; "n'abusez pas des adjectifs", "méfiez-vous des adverbes en -ment" et Eric Chevillard en truffe ses phrases pour nous emporter dans un foisonnement fou.

 

6 janvier 2017

L'avantage de l'écriture, c'est qu'elle ne prend pas de place contrairement à la peinture du dimanche, et ne fait aucun bruit ce qui n'est pas le cas de la musique amateur. Elle reste donc inconnue de tous, incognito. J'en veux pour preuve que depuis ma dernière note ici, j'ai écrit un roman que tout le monde ignore.

 

7 mai 2016

Ce qui prouve que la Nature est généreuse : quand j'arrose mes rosiers, l'eau fait aussi pousser les mauvaises herbes.

 

8 avril 2016

Je l'ai vu, je l'ai vu ! Qui ? Le corbeau sur un arbre perché ! Parfaitement, tout en haut sur la pointe du cyprès, bien droit, bien dressé, hiératique, pendant de longues minutes tournant son bec à droite, à gauche, pour surveiller l'horizon. Manifestement il attendait le renard.

Cela risque d'être long.

 

3 mars 2016

Ahh, taisez ce français que je ne saurais ouïr ! 

Cri des Tartuffes modernes. On aurait la gueule arrachée si on prononçait jusqu'au bout téléphone portable au lieu de "smartphone" ou "iphone" ou "aéphone" ; ou microscope, micro-ordinateur, voire microphone au lieu de "micro" pour l'interlocuteur dubitatif devant ce raccourci "je travaille avec un micro" ; et si on se donnait la peine de préciser que le "portable" est un téléphone ou un ordinateur "on m'a volé mon portable". On trouve le français trop long puisqu'il veut être précis mais on s'accorde le temps de conclure : "Vous voyez ce que je veux dire" (neuf syllabes articulées, horreur !).

 

12 décembre 2015

Comment a-t-on le coeur de manger tout le pain frais quand le rouge-gorge est si heureux de picorer le bout de pain rassis ?

 

22 novembre 2015

J'occupe une position stratégique entre deux fenêtres : à ma droite le geai bleu, à ma gauche le pic-vert, à ma droite l'écureuil roux, à ma gauche le noir, des deux côtés les pies. Je ne sais plus où donner du regard. Comment voulez-vous que j'écrive avec ça ?

 

20 novembre 2015

Alerte, invasion ! Un écureuil tout noir a transité dans le jardin. Pas un seul reflet roux. (Non je ne l'ai pas confondu avec le chat de la voisine !).

 

13 novembre 2015

Beaucoup d'inconnus entrent dans notre jardin sans y être invités et viennent nous déranger. Pour cette fois, je ne me plains pas : un couple de rouges-gorges a pris l'habitude de se poser devant ma fenêtre. Leur oeil rond m'observe et mine de rien je les observe. Entente tacite.

 

9 octobre 2015

Nous avons ici, dit JPS, une variété de pie à bec effilé : la pie nokio.

 

27 septembre 2015

Quelle idée d'organiser ce spectacle en pleine nuit ! Si les éclipses de Lune avaient lieu de jour, elles auraient beaucoup plus de spectateurs pour les applaudir.

 

24 septembre 2015

"Point d'opinion, point de programme, point d'engagement, point d'histoire, point d'affabulation, point de fil d'un récit. Rien, si ce n'est cette passion au bout des doigts : écrire, former des mots, des lignes, cette espèce de fanatisme de l'écriture qui est mon bâton de route et sans lequel, pris de vertige, je m'écroulerais purement et simplement."

Voilà défini mieux que je pourrais le faire, mon but, mon idéal, mon mirage quand je me mêle d'écrire. C'est dans Canto de Paul Nizon (cité par Beigbeder dans Premier bilan après l'apocalypse).

 

11 septembre 2015

Léo, Mickaël, Grace, Henri... je m'inquiète : y aura-t-il assez de prénoms pour baptiser toutes ces tempêtes tropicales, ces cyclones, ces dépressions dont la météo nous informe jour après jour ?

 

6 septembre 2015

Et voilà, fin du règne de la chlorophylle, les anthocyanes arrivent au pouvoir, changement de couleurs. Changement de décor ?

 

28 juillet 2015

Les première gouttes de pluie sur les feuilles des arbres font le même petit bruit sec que les dites feuilles d'arbres qui bruissent avec la brise. Si bien que je ne peux jamais deviner s'il pleut ou s'il fait sec.

 

24 juillet 2015

Las ! La canicule n'est plus ce qu'elle était...

 

12 juillet 2015

Je suis ravie d'avoir ce point en commun avec Umberto Eco : "J'ai commencé à écrire des récits et des romans entre huit et quinze ans, puis j'ai arrêté, pour ne reprendre qu'au seuil des cinquante ans." raconte-t-il dans "Comment j'écris".

 

10 juillet 2015

Comme chaque année à cette époque, c'est le drame : nous avons mangé tous les abricots tendres et juteux du jardin, désormais il va falloir se contenter de ceux des maraîchers.

 

5 juillet 2015

Facebook n'a rien inventé, de tout temps on a eu des amis, qu'on se gardait de confondre avec les rares "vrais amis", d'où l'existence des "faux amis" qui naturellement sont anglais.

 

30 juin 2015

"C'est beau et froid comme un catalogue de décoration chic." Cette critique de film convient tout à fait au "jardin" de mes nouveaux voisins qui ont transformé l'ancien verger en terrasse géante de citadin fortuné : plancher de bois, plate-bande de gros galets blanchis d'où émerge une rangée de cyprès alternant avec de hauts vases en plastique vermillon, vides. Il ne manque que la vue sur la Tour Eiffel ou le Golden Gate (les voisins doivent se contenter de la vue sur ma maison).

 

21 juin 2015

Fête de la musique... Bah oui, pourquoi pas ? Mais n'est-ce pas plutôt le jour le plus long de l'année qu'il s'agirait de fêter, et pour cela contempler dans un silence absolu les dernières  lumières de ce jour-ci, impressionné par l'idée que les jours désormais vont inexorablement se réduire pendant six longs mois ?

(vision hollywoodienne d'humains serrés frileusement les uns contre les autres face au soleil qui décline et disparait lentement)

 

29 mars 2015

Il faut avoir parcouru quelques catalogues d'éditeurs connus et leurs interminables listes d'auteurs inconnus pour être rappelé à la plus évidente humilité et surtout s'étonner que des noms résistent aux siècles, Molière, Baudelaire, Balzac... Pourquoi eux ?

 

12 mars 2015

Voici un extrait que je me proposais d'inscrire dans la rubrique "Parlons peu, parlons livres" mais malheureusement je n'ai noté ni le nom de l'auteur ni le titre de l'ouvrage... Je vous le livre donc ici anonymement :

J’aime les auteurs qui refusent que le lecteur en sache plus long sur un personnage que le personnage lui-même. Je ne tiens pas tant à la logique et je me méfie des explications trop cohérentes.

 

1 mars 2015

Ceux qui nous informent s'ingénient à tirer toutes les sonnettes d'alarme comme s'il s'agissait d'en faire de la musique.

 

24 février 2015

"Ce site accepte des cookies..." Est-ce un signe de notoriété d'être payant ? La gratuité a des airs pitoyables qui ne parlent pas en sa faveur. Mon site serait-il plus lu s'il comportait des images publicitaires ?

 

26 décembre 2014

Elle a cru faire plaisir à sa fille en lui offrant un parfum ; elle a cru faire plaisir à sa soeur en lui offrant ce vêtement. Mais ce n'est pas la bonne couleur, ce n'est pas la fragrance qu'il faut.

Quelle inconvenance.

Comment osons-nous faire des cadeaux ?

 

20 décembre 2014

_ Puisque c'est comme ça, j'irai m'installer tout seul sur une île déserte ! déclare-t-il.

_ Elle ne sera pas déserte puisque tu y seras.

 

13 décembre 2014

On pourrait diviser l'humanité en deux catégories : ceux qui s'acharnent à résoudre les problèmes et ceux qui mettent toute leur énergie à les ignorer.

 

3 décembre 2014

Ah, ce désir de bien faire, qui n'est autre que le désir d'être aimé et approuvé... Combien existerait-il de bienfaits, sinon ?

 

22 novembre 2014

Tu n'as qu'à t'acheter un raton-laveur, me dit-il, comme ça tu n'auras que le repassage à faire.

 

8 novembre 2014

Vieillir : on se regarde dans le miroir, on se dit "Ce n'est pas moi". Mais jour après jour ça devient moi.

 

30 septembre 2014
On n'a pas sitôt terminé un manuscrit qu'on voudrait que quelqu'un s'y intéresse (hors du cercle familial) puis on n'a pas sitôt eu la chance de trouver un éditeur qu'on veut avoir des lecteurs (un peu plus que les cinq ou huit du comité de lecture) puis on n'a pas sitôt vendu péniblement une dizaine d'exemplaires qu'on voudrait être connu (avoir quelques centaines de lecteurs) et on se trouve alors suffisamment modeste pour ne pas attendre qu'un Goncourt nous assure un retirage à sept cent mille exemplaires.

 

25 septembre 2014

Rouge-gorge : le retour.

 

20 septembre 2014

Par la fenêtre temps gris et nuageux, je baisse les yeux sur un livre, je lis, je tourne les pages, je lis, je tourne, je lis. Je lève les yeux, par la fenêtre soleil, ciel bleu et cumulus blancs dodus. Quelques pages encore : ciel bleu sans nuage. Miracle de la lecture.

 

12 septembre 2014

De quoi vivons-nous ? De zéro à trente ans, d'ambitions ; de trente à soixante ans, d'illusions ; de soixante à quatre-vingt-dix ans, d'appréhensions.

 

30 août 2014

J'ai la tristesse de vous annoncer le cruel décès d'une aiguille de pin. La désespérée a été trouvée en fin de matinée pendue par un fil d'araignée sous l'arbre qui l'a vue naître.

 

22 août 2014

On prétend que les Français n'ont plus d'orthographe. Ni plus ni moins qu'avant. La seule différence est que naguère ils n'écrivaient qu'à leur famille ou à l'administration si bien que leur dysorthographie (on disait il a une mauvaise orthographe) restait confidentielle. Tout a changé avec internet où les fautes de français s'affichent sans vergogne, certaines si répandues qu'elles deviennent le modèle à copier.

 

12 juin 2014

Enfin, Madame, soyez un peu à la page ! Il y a longtemps que l'appel des mésanges n'est plus huit ? huit ? Elles font tweet ! tweet !, ce qui, vous ne l'ignorez pas, signifie gazouillis.

 

4 juin 2014

Mais, insisterez-vous, de quoi trouvez-vous encore le moyen de vous plaindre ?

Voyons, ça tombe sous le sens : les cerises sont trop haut, les fraises trop bas et les framboisiers sont pleins de piquants.

 

3 juin 2014

Comment peut-on encore trouver le moyen de se plaindre quand on est au milieu de ces beaux fruits rouges, cerises, fraises et framboises ?

Pourtant c'est ainsi : je trouve encore le moyen de me plaindre.

 

1 juin 2014

Collé sous une feuille du cerisier, ce gros escargot rayé beige et brun me voit avec effroi monter dans l'arbre : " Pourvu qu'elle ne me prenne pas pour une cerise, je finirais en confiture".

 

4 mai  2014

Ma voiture maculée d'empreintes boueuses de chat s'est trouvé une copine, celle-ci défigurée par des fientes de pigeons.

 

1 mai 2014

Qui n'a jamais, en arrachant un vieux papier peint, éprouvé la jouissance du bébé qui déchire un magazine, n'a pas vécu.

 

28 avril 2014

Sans doute ne nous lavons-nous chaque jour que pour éliminer couche après couche ces particules de peau superflues et parvenir peu à peu, à force de persévérance, à ces visages décharnés, ces corps parcheminés, ces momies enfin.

 

25 avril 2014

Comment, comment ? On ne détruit pas, dans cette rue ? On ne rase pas, on n'abat pas ? On plante deux arbres feuillus à la place de ces deux arbres morts ? Mais c'est le monde à l'envers !

 

20 avril 2014

C'est décidé, j'adhère à l'Association Mondiale des Peones et Indios qu'on a privés de leurs magnifiques paysages en les expatriant vers des bidonvilles.

 

18 avril 2014

Et qu'on ne compte pas sur moi pour saluer ces malotrus.

 

17 avril 2014

Vlan. On me ferme une porte au nez, 8 mètres de murailles élevées dans le verger voisin pour loger des nouveaux venus. Chaque fois que je regarde par la baie vitrée qui ouvrait jusqu'aux Monts du Lyonnais, cette porte me claque et me re-claque au nez, éternel cauchemar.

 

31 mars 2014
Les ondulations écarlates des coquelicots sur ce talus en ville sont un défi au code urbain gris, rectiligne et figé.

 

3 mars 2014

J'ai ceci en commun avec un de mes auteurs favoris, Jean Echenoz : nous détestons ces détestables volatiles, les pigeons.

 

5 février 2014

On devrait montrer plus de reconnaissance pour les vers de terre quand on voit le travail formidable qu'ils abattent en silence dans les profondeurs : il n'y a qu'à contempler ces innombrables mottes de vermicelles qui tapissent les jardins à la fin de l'hiver. Je propose d'instaurer la Fête du Ver de Terre entre l'agneau pascal et le poisson d'avril.

 

11 février 2014

Ce jeune étudiant rédige son mémoire. Dans 60 ans il rédigera ses Mémoires.

 

6 février 2014

27 ans aujourd'hui, ma fille ?! Nooonn, protesta-t-il, elle n'a pas pu me faire ce coup-là, me faire vieillir si vite !

 

14 décembre 2013

Le hasard a bien de l'humour, qui a immatriculé cette minuscule Smart avec les lettres XL.

 

23 novembre 2013

Heureusement qu'on est là ! se félicitent les mésanges qui voient tomber quelques flocons quand elles sautent d'une branche à l'autre, sans concevoir que merles et pies délogent beaucoup mieux encore les amas squatteurs d'arbres, et que les températures positives fondent manu militari les dernières poches de résistance.

 

22 novembre 2013

Rien n'y fait : sans craindre le dégel, les flocons au contraire font venir leurs familles en douce, la nuit, et c'est un afflux de grains encore plus serrés, qui s'établissent en couches plus denses. Durcissement de la situation, disent les média.

 

21 novembre 2013

La neige continuait de se prélasser sur l'herbe, alanguie. Je convoquai les armées de rayons du soleil, qu'ils chauffent un peu les oreilles de l'intruse et, s'il fallait en venir là, qu'ils fassent un gigantesque autodafé de tous ces flocons honnis.

 

20 novembre 2013

"Ah, ça, jamais !" s'écria la neige lorsque je lui intimai l'ordre de débarrasser le terrain et de retourner d'où elle venait, "il fait vraiment trop froid là-haut !".

 

11 novembre 2013

Le rouge-gorge est un parfait contre-maître : chaque fois que je démarre un chantier de quelque envergure dans le jardin, il vient voir, d'abord se positionne en hauteur de façon à bénéficier d'un point de vue circulaire, puis sautille de-ci de-là pour vérifier de son oeil rond l'avancement des travaux, et j'attends son satisfecit en rangeant mes outils. A mesure que les heures passent, j'aime croire qu'il est un ami encourageant, oui, c'est bien, bravo, ah! bonne idée, voilà du beau travail. Il est le "passereau qui chante mes louanges".

 

9 novembre 2013

On trouve décidément des jusqu'au-boutistes partout ; passe encore pour les framboises qui mûrissent, mais les fraises sauvages qui fleurissent à nouveau ! Où va-t-on ?

 

5 novembre 2013

La même peinture chocolat qui évoquait des montagnes le 11 octobre 2011 (cf infra) s'est répandue par un trou à la base du pot en marée noire qui a déferlé lentement sur le parquet ; à moins qu'il ne s'agisse d'une coulée de lave. Le Mont Blanc de 2011 est loin, cette année me voici à ras de terre.

 

23 septembre 2013

Il n'y a plus de mer, il n'y a que des bouteilles, écrivait déjà Romain Gary dans Clair de femme et il faut être reconnaissant à Internet d'avoir épargné à la planète un désastre écologique en permettant à tout un chacun d'écrire à l'attention de tous d'interminables blogs à longueur de journée. Vous en avez une preuve ici même.

 

18 septembre 2013

Arrive un temps où l'on n'est plus écouté. Puis arrive un temps où l'on n'est plus entendu. Puis arrive le Temps.

 

13 juillet 2013 Le Tour de France cycliste fait étape à Lyon

Les gros vélo'v, sagement immobilisés dans leurs harnais face à la rue, regardent sans broncher leurs congénères de course foncer vers la victoire.

 

11 juillet 2013

Vous pensiez que la Lune éclaire votre jardin ? Détrompez-vous : elle dirige ses rayons vers la Terre pour savoir où elle met les pieds.

 

9 juillet 2013

Figurez-vous ceci : une vaste étendue aride et sèche, couverte d'une fine poussière que le vent chaud déplace par à-coups, où parfois se perd une aile d'insecte desséchée, où roule un maigre gravillon grisâtre, où quelques débris de papier décolorés se délitent.

Et sur cet immense trottoir dans la ville déserte, au bord de la plaque d'égout : une touffe verdoyante de liserons aux corolles bleu drapeau.

 

2 juillet 2013

La ville ? expliqua-t-il. C'est un endroit où tout le monde gêne tout le monde.

 

21 juin 2013

La lune en plein jour est Cendrillon qu'on n'a pas invitée à la fête.

 

30 mai 2013

Cet homme âgé qui marche sur le trottoir croque à pleines bouchées dans une énorme meringue dodue, si bien qu'il semble se nourrir goulûment d'une touffe arrachée à sa belle chevelure blanche.

 

5 mai 2013

Je pourrais expliquer que j'ai passé tout ce temps à relire Proust in extenso mais, envahissant mes oreilles pourtant hermétiques aux actualités, les débats lassants sur le mariage homosexuel m'auraient dissuadée d'en rajouter avec ces innombrables pages consacrées aux amours d'Albertine ou de Charlus.

 

4 mai 2013

Or donc, mes (nombreux) lecteurs seront heureux de constater que je sors à nouveau de l'ombre.

De là à dire que je resplendis...

 

3 mai 2013
Même le soleil subit des éclipses. Alors pourquoi pas moi ?

 

27 février 2013

Il ne faut pas croire ce que disent les gens. Ils sont souvent sincères, mais leur sincérité change d'avis à chaque instant.

 

6 septembre 2012

Pas la peine d'arroser : il va pleuvoir, dit la météo.
Ils sont bien, ces types de la météo, ils n'oublient pas d'arroser les jardins.

 

4 septembre 2012
Gratuit : ce mot est réputé avoir un tel pouvoir attractif sur l'acheteur potentiel qu'il est utilisé sans craindre l'oxymore : "frais de port gratuits", ni la redondance : "cadeau gratuit".

 

25 août 2012
Ce pêcheur revient bredouille. Normal : c'est samedi soir, tous les maquereaux sont sortis en boîte.

 

19 août 2012
Il y a deux façons de rentrer de vacances : trouver sa boite aux lettres comblée de relevés de banques, propositions d'assurances et publicités qui vous ont ciblé(e) ; ou trouver sa boite aux lettres vide parce que même les banquiers, les assureurs et les publicitaires vous ont oublié(e).

 

23 juillet 2012
La lune fait ce qu'elle peut, ce soir, pour joindre les deux bouts de son croissant effilé. Mais rien n'y fait, elle ne se transformera pas en cercle.

 

1 juillet  2012

Sous le déluge de l'orage, ce merle sautille sur l'herbe avec frénésie, tourne la tête de droite à gauche, court d'un arbuste à l'autre. "Mais où donc ai-je mis mon parapluie ?" se demande-t-il.

 

30 juin 2012

A l'arrêt au feu rouge. Des vitres ouvertes de la première voiture, sort un air d'opéra hystérique où un ténor affronte une mezzo et une soprano ; expulsées de la deuxième voiture, des basses techno tonitruantes martèlent l'atmosphère.

Qui va gagner ?

Le vent, qui d'un souffle éparpille tout ce petit monde.

 

12 juin 2012

"On ne sait plus comment s'habiller", variante de "Le temps n'est plus ce qu'il était". De même que "parler de tout et de rien" revient à "parler de la pluie et du beau temps".

 

11 juin 2012

Après une étude approfondie du sujet, je suis en mesure de rendre mes conclusions sur la dyschromatopsie des limaces qui ignorent le bleu céruléen des granulés, et sur leur tropisme pour les gerberas roses (voir mon introduction du 21 mai).

 

8 juin 2012

Inspiré jusqu'au délire, le merle siffle sous la douche de l'orage.

 

26 mai 2012      
Ce ténor pénètre chez son voisin le joueur de cornemuse pour le prier de cesser ses exercices dont l'intensité, dit-il, démoralise le voisinage. Il n'est pas encore 19 heures, fait remarquer ce dernier, qui consent néanmoins à s'arrêter dix minutes plus tôt que prévu par l'arrêté préfectoral.

Ce qui permet au ténor, dont la voix n'est pas considérée comme un engin bruyant, de vocaliser tout son soûl devant ses amis réunis dans son jardin.

 

21 mai 2012

Le bleu cristallin des granulés s'harmonise délicatement avec le rose pastel des gerbéras. Seule la limace dépare l'ensemble par son brun terne et ses contours flasques. Mais sans elle je n'aurais pas mis de granulés anti-limaces dont le bleu cristallin s'harmonise...


18 mai 2012
(En souvenir de Voltaire)

L'autre jour au tronc d'un pin

Un humain cloua une mangeoire

Que croyez-vous qu'il advint ?

Un écureuil la prit pour boudoir

 

6 mai 2012

A chacun son Himalaya : cette toute jeune limace a entrepris l'ascension du laurier-rose, elle a parcouru déjà un mètre du tronc lisse et aucune feuille à l'horizon. Elle hésite, se décourage, oriente ses cornes à droite puis à gauche, les pointe vers l'amont. D'ailleurs où est l'amont ?

 

3 mai 2012

Mais au fond, puisque personne ne s'intéresse à ces lignes, qui me presse ainsi de poursuivre sinon mon désir d'écrire ? Et en quoi serait-il prioritaire ?

Il n'a qu'à faire comme les autres : attendre.

 

27 avril 2012

Je réclame votre indulgence. Le temps de prendre mon élan, je ne devrais plus tarder beaucoup...

 

26 avril 2012

Voilà voilà, j'arrive... Encore un peu de patience s'il vous plaît...

 

26 février 2012

   Une cérémonie commémorative a eu lieu aujourd'hui dimanche, en souvenir des sentinelles victimes de leur devoir. Dans leur uniforme violet, tous les crocus sont restés au garde à vous en hommage à leur camarade Campanule Violette décédée il y a un mois alors qu'elle tentait de résister seule aux assauts répétés d'un froid sauvage et déterminé (notre article du 15 janvier 2012).

   A midi, sous le regard vigilant du soleil, dans un parfait ensemble tous les crocus présents ont ouverts leur corolle pour un dernier salut à la défunte.

 

20 février 2012

Malentendante

_ Oh un OVNI !

_ Un OVNI ? Où ça ?  (excitée)

_ Pas un OVNI, "un homme nu", là !

_ Ah. (déçue)

 

17 février 2012

Dans notre monde dominé par la technologie, le balayeur est devenu technicien de surface et le laborantin technicien de laboratoire. Ce ne sont plus des métiers qui disparaissent mais des mots qui meurent. A quand l'écrivain technicien du verbe ?

 

15 février 2012

_ C'est à chaque fois la même chose : ils sont tous en ordre, on croit les avoir bien en main, mais il y en a toujours un pour ne pas faire comme les autres, il se met en travers et flanque la pagaille, tout est sens dessus dessous et il faut tout recommencer.

_ Ah les humains, quelle engeance, on ne les changera jamais !

_ Mais voyons, je parle des couverts, moi, des fourchettes et des cuillères qu'il faut ranger dans le tiroir.

 

10 février 2012

Soudain la Terre s'aperçut qu'elle venait de perdre un de ses satellites artificiels. Elle interrompit brusquement sa course autour du Soleil et rebroussa chemin.

Vent de panique chez les humains.

 

7 février 2012

Pas étonnant que cette pauvre pleine lune, reléguée aux altitudes les plus extrêmes, pas même enveloppée par l'ouate de nuages que la bise a tous chassés, pas étonnant donc, qu'elle montre cette face de carême, farineuse, blafarde, et pour tout dire pétrifiée par le froid.

 

27 janvier 2012

A craindre puis annoncée depuis trois semaines, confirmée par les états-majors météorologiques, l'offensive du froid sera sans nul doute la déferlante sauvage que chacun commente par avance (via les réminiscences des attaques subies depuis un quart de siècle). Sommes-nous si nostalgiques de la guerre dans notre coin d'Europe pacifié ?

La nature a de ces revanches : nous serons incapables d'annoncer que le front froid a été repoussé par nos soldats du feu qui ont fondu sur l'ennemi, le vent sibérien, sans le réchauffer pourtant.

 

21 janvier 2012

21-1-12, c'est trop bien balancé.

 

15 janvier 2012

Depuis plus d'un mois la petite campanule violette attend le printemps de pied ferme et monte la garde, fièrement dressée, dominant seule les frileuses pousses de jonquilles qui émergent du sol. Faute d'avoir lu Le désert des Tartares, elle ignore le sort réservé à ceux que l'attente fige trop longtemps.

 

8 janvier 2012

Je reconnais ma défaite : le Sort ne m'a pas désignée comme Reine. Mais il avait truqué l'élection : il n'avait pas mis de fève dans la galette.

 

6 janvier 2012

Le plus dur reste à faire : il faut déguirlander le sapin.

 

2 janvier 2012

"C'est lui ou moi" : défi du torero face au taureau à abattre, et de la ménagère face au cardon à éplucher.

 

29 décembre 2011

C'est un fait que rien ne justifie et pourtant il se confirme année après année : j'aime le chocolat noir.

 

25 décembre 2011

Bon Noël à vous qui lisez ces lignes (existez-vous ?) et bon Noël à vous tous qui ignorez ce site (aucun doute, vous existez).

 

23 décembre 2011

C'est vraiment la crise : même les mésanges, même le roitelet, boudent le supermarché aérien abondamment garni de miettes de pain qu'ils prenaient d'assaut l'hiver dernier. Le fournisseur (moi) se retrouve donc avec un stock excédentaire de denrées périssables.

 

18 décembre 2011

De deux choses l'une : ou le calendrier ne sait pas compter, ou les flocons de neige ne savent pas lire, sinon comment expliquer qu'il neige en automne ?

 

16 décembre 2011

Puisque vous vous régalez des citations dans les papillotes, je n'ai plus à vous nourrir de ma prose.

 

13 décembre 2011

13-12-11 Partez !

 

8 décembre 2011

Oh mais ça ne se passera pas comme ça ! Saint Nicolas a beau être passé pour préparer le terrain, le père Noël n'arrivera pas en pays conquis : les rosiers ont concocté une stratégie, d'un côté les jaunes occupent la place avec une grosse fleur épanouie et la relève se tient prête avec un bouton bien arrondi ; de l'autre côté les blancs ont mis en batterie deux boutons pointus qui ciblent le ciel pour contrer toute invasion aérienne de Noël.

 

3 décembre 2011 Salon des Passionnés de bouquins

A la fermeture on lui demande ses impressions : Ah, il y avait là une flûtiste qui nous a joué quelques airs ravissants !

On s'étonne, on s'indigne : Si la musique vous passionne tant, allez plutôt au concert !

Que non pas : tous les musiciens de l'orchestre me parleraient de ce lyonnais qui a reçu le prix Goncourt.

 

24 novembre 2011

On ne s'étonne plus qu'aucun sourire ne déride ces personnes âgées, lorsqu'un hasard nous fait entrevoir leurs dents jaunes et déchaussées.

 

22 novembre 2011

Ce mois-ci nous avons eu la chance d'accueillir un hôte exceptionnel : le 11-11-11. Nous avons aujourd'hui le plaisir de recevoir son grand frère : le 22-11-11.

 

14 novembre 2011

(Rêve scolaire de F.)

Subjugué par la copie géniale, le prof écrit dans la colonne Appréciation du Professeur : "Je ne suis pas assez qualifié pour noter cet élève". Et l'élève de conclure, bon prince : "Trop modestes, ces profs".

 

12 novembre 2011

Emoi à la bibliothèque municipale lorsqu'on annonce "On est déconnectés du serveur, tous les prêts sont suspendus". Horreur d'être cernés par les livres et obligés de consommer sur place.

 

11 novembre 2011

Or depuis qu'elles ont retrouvé leur couleur naturelle, les feuilles tombent toutes des arbres. On en conclut nécessairement que le colorant C (cf. infra) est indispensable à leur survie.

 

9 novembre 2011

J'ai le plaisir d'annoncer à mes (nombreux) lecteurs qu'ayant épuisé mes talents picturaux sur divers murs et plafonds de mon domicile, je renoue désormais avec l'écriture.

 

5 novembre 2011

Ces deux passionnés d'armes discutent et je m'émerveille que des militaires aient baptisé leur mitrailleuse Doucette, un pacifique nom de salade. Quelle erreur : c'est de la 12,7 et ça traverse un blindage léger.

 

4 novembre 2011

Désormais garanties sans colorant C (Chlorophylle), les feuilles d'arbres retrouvent leur couleur naturelle.

 

2 novembre 2011

Les queues leu leu de voitures sur l'autoroute sont perpendiculaires à ces queues leu leu de moutons dans les prés. Et les loups, ils sont où ?

 

25 octobre 2011

Cette vieille dame à bajoues assise chez le coiffeur a le crâne enduit d'une pâte blanchâtre qui n'épargne au sommet qu'un toupet de courts cheveux ébouriffés comme on en voit aux éléphanteaux.

 

23 octobre 2011

Je vous l'avais bien dit, les lessives ne sont plus ce qu'elles étaient : les blancs ont perdu la coupe du monde de rugby.

 

19 octobre 2011

Pour cent indifférents qui passent devant son roman exposé pourtant à leur tentation dans les librairies, un seul suffit à consoler l'auteur : celui qui sélectionne son livre parmi tant d'autres et le déclare digne d'intérêt. Merci à l'ENS Cachan.

 

15 octobre 2011

Alors qu'on dépose jusque sur les gâteaux un peu de ce métal précieux, songe-t-on qu'il fut un temps où l'or n'avait pas encore été généré sur terre ?

 

14 octobre 2011

J'ai cassé ma pipe, dit-il mort de rire en tenant dans ses mains les deux morceaux de l'objet.

 

11 octobre 2011

Cette délicieuse peinture baptisée Brun Chocolat n°3, je l'étale avec onctuosité sur le mur comme une crème dessert si bien que, malgré l'odeur, je lèche une goutte tombée sur mon poignet. La crème Mont Blanc n'a rien à craindre de cette concurrence.

 

8 octobre 2011

Le lessives ont beau être écologiques et respectueuses de l'environnement, cela n'empêche pas que, soir après soir, les jours rétrécissent et leurs couleurs se ternissent. Surtout les jours de pluie.

 

29 septembre 2011

On est à chaque fois stupéfait, devant l'écroulement d'un de nos châteaux de cartes, d'avoir eu l'espoir, et même la conviction, d'une construction solide.

 

25 septembre 2011

(Dédicaces à Chaponost)

Tous ces beaux croissants, ces pains et ces magnifiques gâteaux soustraits à ma convoitise par leur emballage de papier ou de carton, tous ces paquets de cigarettes empilés dans une paume et ces quotidiens pliés sous le bras, tous ces paniers à roulettes et sacs en plastique d'où émergent des salades, tous ces billets, tickets ou coupons de jeux à gratter puis à jeter avec l'adresse d'un basketteur dans la corbeille à papier.

Et néanmoins toutes ces mains qui se sont tendues vers les exemplaires des Encombrants décombres et ont accepté de se charger de ce volume supplémentaire.

Ma reconnaissance vous est acquise.

 

23 septembre 2011

Et voici l'irrémédiable : c'est l'Automne. En dépit de l'action subtile des radiateurs qui, titillés par le thermostat, nous délivrent au petit matin une tiédeur d'été. Qui espèrent-ils tromper ?

 

20 juillet 2011

Extinction de voix.

 

16 juillet 2011

Le sort en est jeté, rien désormais n'arrêtera l'accablement de nos têtes stupéfaites qui ont ignoré les prédictions des oracles : il pleut.

 

15 juillet 2011

De quoi se plaint-on ? S'il fait sec, nulle limace ne dévore les ancolies. S'il pleut, les allergènes sont précipités à terre où ils mordent la poussière.

 

14 juillet 2011

Ils avaient une sacrée gueule, les défilés de guerriers d'autrefois. Ces torses musculeux, ces épaules poilues sur lesquelles trônent ces gourdins, ces massues polies à l'huile d'ours, et dans le poing droit brandi ces courts poignards en silex à facettes.

 

13 juillet 2011

Parler dans le désert, nous sommes légion à le faire. Cela ne devient grave que pour ceux qui attendent un écho.

 

10 juillet 2011

On veut nous faire croire que la maison rénovée va être comme neuve. Comme si un lifting empêchait votre carte d'identité de révéler votre âge.

 

9 juillet 2011

J'entends les voisins fêter l'anniversaire de leur petit dernier. Au fait, ça lui fait quel âge ? Je n'ai qu'à demander à Google, il est né la nuit où Zidane a fait ses adieux au foot sur un coup de tête.

 

7 juillet 2011

L’imparfait porte bien son nom, qui n’en finit pas de parler d’un passé pourtant révolu ; une action qu’il s’obstine à décrire comme se poursuivant indéfiniment jusqu’au temps présent. Dans les manuels scolaires, des descriptions flaubertiennes interminables, mortellement ennuyeuses dit-on. Que de cadavres dans les écoles.

 

6 juillet 2011

J'aurais apprécié qu'un évènement survienne (je fais simple : pas d'imparfait du subjonctif) dont je pourrais rendre compte ici, une anecdote, un sourire au passage... Mais rien, non, rien que le banal, le commun...

Il va encore falloir que j'invente.

 

4 juillet 2011

Le malheur des uns fait le bonheur des autres dit-on. Ainsi après le cambriolage : ce qu'on m'a volé sera utile à d'autres.

Mais ce qui peut se comprendre en sens inverse : cette femme plus jeune que moi, traitée depuis dix ans (chirurgies, chimio) pour un puis deux cancers et qui refuse tout traitement depuis la découverte il y a un an d'un troisième cancer, cette femme donc, me fait comprendre mon bonheur.

 

1 juillet 2011

On pourra dire du mal des activités masturbatoires mais n'est-ce pas la sagesse ? Peindre d'après carte postale dans son coin, écrire son journal (appelé intime et qu'on qualifierait à présent de perso) dans son lit, ou visionner ses photos d'art et essai sur son ordinateur, sans attendre (en vain et longtemps en tout cas) un signe d'autrui, approbation, applaudissements, célébrité, gloire mondiale...

Autre façon de dire qu'il vaut mieux s'occuper de ses oignons (comme disait Candide) sans tenter de les faire manger par autrui.

 

29 juin 2011

Ce qui différencie le papillon du frelon, tous deux s'épuisant en vain à traverser la vitre pour rejoindre la Lumière, c'est qu'une âme charitable peut saisir le premier par les ailes et le propulser vers le Jardin, tandis que le second sera laissé à son combat inutile jusqu'à ce qu'il tombe mort sur le parquet.

Et les humains, leur destinée est-elle celle du papillon, ou du frelon ?

 

27 juin 2011

Lundi matin, traditionnellement jour de lessive. La ménagère (espèce en voie de disparition) n'a plus de nos jours à venir à bout des taches les plus rebelles à l'aide d'une panoplie de produits chimiques sélectionnés selon la nature de la tache et du tissu. Désormais, l'usage est de promener ses taches indélébiles comme jadis sur le visage les cicatrices de combats courageux. Puis (ne pas être vétéran trop longtemps) de jeter le vêtement.

Ce qui explique que l'industrie chimique a abandonné la fabrication des produits de nettoyage pour se reconvertir dans le textile synthétique.

 

24 juin 2011

Les combats ont repris ce matin dans les ramures de l'Ouest : les pies par un jacassement intense défendent farouchement leur territoire contre le chat qui se faufile dans les herbes. Tandis que sur le front du Sud, la coalition des merles boute hors du pin les deux pies qui prenaient d'assaut les nids.

Pendant ce temps, les tribus pacifiques des mésanges gèrent le quotidien : approvisionnement en miettes, nettoyage des becs, évacuation des déchets.

 

23 juin 2011

Passent aussi les différents styles de joggeur, celui qui hausse les épaules, qui traîne les pieds, qui crispe ses mâchoires, qui ballotte ses fesses.

Et (rarement dans ce quartier) le coureur, qui s'entraine pour son marathon biannuel, touche à peine terre, glisse avec naturel et élégance. Il n'y a plus de quoi rire. Respect.

 

22 juin 2011

En sortant de chez moi, je rencontre l'aboyeur, le chien de la voisine (déjà dans mon roman), les poubelles en attente d'éboueurs (déjà en roman), les travaux de voirie (déjà en roman).

Ah, enfin, de l'inédit : le profil de ce grand camion de déménagement jaune de Naples devant lequel passe une petite voiture bleu roi, superbe couple aux couleurs de Monet. Hélas, le voilà déjà divorcé, la minuscule voiture s'est enfuie et le gros benêt est resté à l'arrêt.

 

21 juin 2011

Le calendrier aurait-il un temps de retard qui nous affiche encore ETE alors que tout le monde sait bien que le 21 juin, c'est la Fête de la Musique ?

 

20 juin 2011

Chaine alimentaire.

Il faut vraiment que je sorte de chez moi : je ne peux pas continuer indéfiniment à écrire mon nouveau roman où un narrateur raconte comment à tout instant un écrivain modifie son manuscrit en fonction de sa vie au quotidien. Aujourd'hui je dois me rendre à l'évidence : je manque de vie au quotidien.

 

19 juin 2011

Faites des pairs (oui, je sais, j'abuse). Et comment faire une paire avec des pairs ? C'est le problème des homosexuels en mal de paternité.

 

18 juin 2011

En ces temps où le mot culture faisait penser aux pommes de terre, où la seule distraction annuelle était la procession en l'honneur du saint du village ou la course cycliste de la bourgade, tous les habitants se précipitaient pour en profiter.

Depuis que les offres se multiplient à foison, l'exposition picturale ou plasticienne, le salon du livre ou de la BD, le festival folk ou la chorale de la chanson française, sans compter les tournois de chevalerie et les journées horticoles, la demande est débordée, on ne sait plus où se rendre, quoi voir, quelle attraction préférer, et au total, comme un enfant gâté, gavés, les citoyens boudent les manifestations culturelles qui leur sont gracieusement offertes trop souvent dans l'année.

Devant les stands sans badaud, organisateurs et artistes se retrouvent entre eux pour discuter métier, marketing et techniques de communication.

 

17 juin 2011

Mais la nature a cette autre violence, l'explosion du jus entre mes dents quand je mords l'abricot que j'ai cueilli sur l'arbre. Et le déferlement dans ma bouche est celui d'un ouragan de saveurs.

Toutes proportions gardées.

 

16 juin 2011

J'apprends avec retard qu'hier avait lieu une éclipse de lune. La dernière fois que j'ai été cambriolée, j'avais assisté à une éclipse de lune avant de rentrer chez moi découvrir la vitre en morceaux.

La prochaine éclipse est prévue dans six mois, il faudra que je songe à acheter un molosse pour l'occasion.

 

15 juin 2011

Cambriolage.

On se fait voler comme dans un bois, disait mon père. Etre cambriolé, c'est subir l'effraction de la nature, à savoir l'indifférence au monde extérieur, le défaut d'âme, et, partant, la violence qui n'a pas conscience de l'être.

Et que dire des agressions physiques ! Plaie d'argent n'est pas mortelle, disait mon beau-père. De quoi me rassurer, somme toute.

 

12 juin 2011

Les falbalas s'étiolent. (Dixit JPS au réveil).

 

9 juin 2011

Cette fois ce sont des paires de lunettes étagées horizontalement qui regardent des humains serrés comme des sardines verticales, le sourire aux lèvres et le verre à la main, pendant l'inauguration du magasin d'optique. Version inédite du face à face de l'entomologiste et des centaines d'yeux qui caractérisent la mouche.

 

31 mai 2011

Evènement chez les poissons du Grand Aquarium : ce soir en nocturne, soirée de gala avec éclairage prolongé exceptionnellement jusqu'à 22h30 afin d'admirer, à travers les parois des aquariums, les Humains réunis en congrès scientifique : des espèces rares des deux sexes, acheminées par train et par avion, déambuleront sur deux étages d'exposition. A partir de 21h, possibilité d'assister au repas des Savants, en observant tout particulièrement leur agglutination le long des buffets dressés pour l'occasion.

 

30 mai 2011

Comment peut-on habiter à Bord d'Eau et s'appeler Bord de Lait ?

 

29 mai 2011

Faites des maires : aujourd'hui, élections municipales anticipées dans toute la France

 

28 mai 2011

Dans la rue, ce corbeau noir que je vois perché sur le rebord de la poubelle aimerait bien soulever le couvercle avec son bec ; il regrette de n'être pas doté des pattes agiles du perroquet.

A mesure que je m'approche, le problème trouve sa solution : le corbeau est un sac poubelle noir dont un grand pan arciforme dépasse du couvercle.

 

27 mai 2011

Beaucoup de sites d'internet sont tels ces vitrines, dans des rues obscures de quartiers éloignés, que seuls de rares touristes égarés regardent au passage, se demandant, ahuris devant les articles sans âge : mais qui peut bien espérer être vu à travers ces vitrines dans des rues obscures de quartiers éloignés où seuls de rares touristes...

 

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