Par quelle lubie a-t-on déclaré le blanc salissant ? Imagine-t-on une robe de mariée salir un fauteuil ? Un mur blanc tacher l'épaule qui s'y appuie ?
Autant dire alors que :
_ Ce client est solvant
_ Ce boucher est aimant
_ Ce malade est inopérant
_ Le racisme est méprisant
_ Son échec est probant
Et bien entendu, ce tueur à l'arme blanche est coupant.
En réalité, Dieu peut peu.
Pourtant l'étai était là.
Mort de frousse, tu te tus.
Je déplaçais le verre vert vers toi.
Deux fois la pute put te satisfaire
Mets ta metadonnée de côté.
Les pots posés pèsent trop.
Ta tasse se casse, voilà un bol et de la colle.
L'aboiement, éjecté de la gorge du chien avec une rare violence, a traversé le jardin d'un bond pour aller s'écraser contre la façade de la maison déserte. Choqué, l'aboiement est resté là, vibrant dramatiquement contre le mur, mais aussitôt expulsé par le crépi, il a culbuté dans le jardin, a évité de peu les épines du rosier mais pas le tronc du séquoia contre lequel il s'est aplati d'un coup sec. Avec un effort méritoire il a pu s'en dégager, un peu sonné, s'est remis opiniâtrement en route vers l'angle des deux façades de la copropriété voisine où il s'est fait renvoyer d'un bord à l'autre comme une balle de tennis. La force magistrale avec laquelle il a été maltraité l'a amoindri au point qu'il a roulé jusqu'à terre, a dévalé la pente et, malgré les obstacles qui ont pris un méchant plaisir à le faire éclater au passage, il a pris de la vitesse, n'a pu s'arrêter au feu rouge, a failli être écrasé par un poids lourd au carrefour et, incapable de contrôler sa trajectoire folle,a finalement sauté par-dessus la rambarde du pont et a péri noyé dans la rivière.
"Madame L. a encore laissé son chien tout seul dans son jardin" ont dit, navrés, les gens du quartier en secouant la tête.
Bien sûr que si, ça lui a mis la puce à l'oreille ! Mais comme il est sourd, elle ne lui a rien dit du tout.