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Sucré-salé

 

Le salaire a d'abord été une ration de sel (sal) donnée au soldat, avant de devenir la somme versée (salarium) pour acheter ce sel.

On peut imaginer qu'à l'époque napoléonienne où le sucre était rare et cher à cause du blocus, certains se seraient sucrés sans vergogne, et qu'au lieu de servir à conserver les aliments en saumure ou salaisons, à faire des sauces (salsa : salée) ou des saucisses, salamis et salades (insalata : met salé), les sommes reçues auraient été des profiterolles (petit profit).

De nos jours, il est aberrant de saupoudrer (poudrer de sel) de sucre son fromage blanc et, comble de désespoir, la note salée du restaurant vous mange votre salaire.

 

Un préfixe vaut bien une postposition

 

   Les anglophiles font valoir la "souplesse" de l'anglais qui permet d'inventer sans frein des néologismes grâce aux postpositions : ainsi up, in, out, etc. remplissent des colonnes dans les dictionnaires à partir d'un seul verbe.

    C'est oublier trop vite que le français depuis toujours est bâti avec des préfixes re-, ad-, ex-, etc. multipliant les mots avec une facilité qui vaut bien celle de l'anglais.

   Si l'anglais a la faveur des paresseux ou des pressés, c'est qu'une seule entrée dans le dictionnaire (to get) déploie immédiatement dans les lignes sous-jacentes la multiplicité des to get on, get up, get off, etc. Alors que nous autres Français devons passer d'une page à l'autre pour découvrir la ribambelle des asservir, conserve, dessert et desservir, observer, préserver, réserver et resservir, service, etc., tous issus de serf.

Chausser

 

Bien sûr il y a le pied de nez, mais enfin comment expliquer qu'on chausse des lunettes, comme s'il s'agissait de cuir cousu ? C'est que chausser vient de calx, le talon latin, et certes un bon nombre de nez ont bien une forme en pied de marmite. Si bien que les pince-nez s'accordent parfaitement à calcare qui signifiait tasser avec le pied (d'où inculquer : faire pénétrer en tassant, et récalcitrant : ruer).

Mais

 

   A la base, une racine qui signifie "grand" et donnera megas en grec et magnus en latin avec, parmi les innombrables dérivés, l'adverbe magis "plus". On arrive donc tout droit à l'expression  "N'en pouvoir mais", autre façon de dire qu'on n'en peut plus.

   Et lorsque une affirmation est choisie "plus" qu'une autre, on le  signifiera avec "mais" : "Tu veux, mais moi je ne veux pas".

Aujourd'hui

 

   Un exemple connu de "renforcement" au cours des âges. A partir d'une racine signifiant lumière (qui donne également dieu), on obtient en latin dies : "jour". Puis hodie : "ce jour", donnera hui.   

   Qui sera renforcé en : "au jour d'hui." Et on en rajoute encore avec : "au jour d'aujourd'hui".

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