Jusqu'à maintenant, je m'asseyais sur une chaise et je posais mon livre sur la table. Désormais, je déménage sur Orléans tout en travaillant sur Paris. Un grand écart qui me permet d'avoir les pieds sur terre.
Je me pose la question : si j'habitais sur Aulnay sous bois, est-ce que je logerais sur ou sous les frondaisons ? En fait, tout est simple lorsqu'on se rappelle que sur et sous ont la même racine (étymologique et non pas végétale) qui donne sub et sup.
Cependant je remarque que personne, à ma connaissance, n'arrive sous la région pour habiter sous le quartier. C'est un signe certain de progrès social.
Savez-vous que testament a la même racine latine, testis témoin, que protester, contester et encore détester, et aussi… testicule (de quoi est-il le témoin, selon vous ?)...
Alors que tête vient de testa, objet en terre cuite (tuile, brique ; et pot, amphore...) et coquille (huitre et autres), carapace et crâne... Testa était aussi la coquille avec laquelle on votait le bannissement, c'est pourquoi notre tête est tant sollicitée pour les élections.
On entend dire qu'il ne nous appartient pas de nous excuser : Excusez-moi et non pas Je m'excuse.
Et pourtant, excuse vient de ex causa, être hors de cause. Si autrui, et lui seul, décide de notre rôle dans un évènement, dire Je n'y suis pour rien est... inexcusable.
(Extrait de Kaléidoscope)
Le petit garçon demanda :
_ Quelle différence il y a entre le néant et rien ? Puisque c’est la même chose, pourquoi y a-t-il deux mots différents ?
_ Ce n’est pas la même chose, répondit l’instituteur. En latin, tu apprendras que rien vient de rem, l’accusatif de res, qui veut dire chose ; un accusatif, c’est un complément d’objet. Donc, poursuivit l’enseignant en parlant lentement, rien désigne une chose qui sert de complément au verbe ; il existe bien un objet, quelque chose, tu comprends ? Autrefois, on disait « C’est un rien » pour dire "C'est peu de chose" ; rien était ce qui existait.
_ Et le néant ? continua le petit garçon.
_ Ce mot-là vient du latin nihil ; celui-là désigne ce qui n’existe pas.
_ Mais si ça n’existe pas…
_ On désigne l’absence, on montre du doigt l’endroit où l’existence n’est pas. Par un mot, on indique la place vide.
Et pourquoi parle-t'on de la trame d'un récit ? Parce que cette trame et le texte ne font qu'un : texere en latin signifie tisser, ourdir une trame, entrelacer.
Ce verbe a donné texla d'où tela, la toile, qui est aussi la chaîne de la toile et le métier à tisser. On a donc tout ce qu'il faut pour obtenir un textum, tissu, et trame d'un récit.
Quant au prétexte (praetexere, border) et au contexte (contextere, entrelacer) ne seraient-ils pas des tissus de mensonges ?