Les Équevilles – Blog de littérature
Blog perso de littérature
Open menu
  • L'eau sous le pont
  • On s'amuse comme on peut
  • Sorties d'atelier
  • Ils sont fous ces écrivains
  • C'est censé être insensé
  • Etcetera
  • Parlons Livres
Open menu
  • France Régnier vous accueille
  • Premiers Romans
    • Encombrants-Décombres
    • Caméra entre 2 orages
    • Kaleidoscope
My Blog
  1. Vous êtes ici :  
  2. Accueil
  3. Premiers Romans
  4. Kaleidoscope

Le petit malin

 

   Aux premières lueurs du jour, le jardinier ouvrit en grand la porte-fenêtre sur le jardin. L’air frais du petit matin entra en flots que le jardinier aspirait par goulées amples. Sans rien regarder, il sentait la beauté répandue devant lui, la lumière et le silence en imperceptibles vibrations dans l’atmosphère autour de lui, en lui. La tranquillité et la simplicité.

   Le petit garçon arriva sans bruit, s’assit sur le seuil, encore ensommeillé.

   Cela nous est offert, dit le jardinier d’une voix calme. Cette paix. Un don. A accepter.

Dans le livres

 

   Sans arrêt je cherche dans les livres, dit l’enfant d’une voix déçue, je ne trouve que des textes, des phrases, des discours. Je cherche ce qui est caché derrière tous ces mots, bonheur, néant, amour, et ce ne sont encore que d’autres mots, plus de phrases et des discours plus longs.

La vie devant moi

 

   Je ne pourrai jamais lire tous les livres, dit le petit garçon, voir tous les films, tous les pays, les paysages, entendre toutes les musiques, les chants des oiseaux, les sons de la nature, éprouver toutes les sensations de vitesse, de pesanteur, de vertige, sentir les tous parfums, goûter toutes les saveurs. Je ne pourrai jamais tout connaître.

   C’est pour cela que j’ai été souvent triste quand j’étais petit. J’avais la vie devant moi et elle n’était déjà pas suffisante.

Je roulerai

 

   Moi, quand je serai grand, se dit le petit garçon, je saurai conduire, un jour je monterai en voiture, j’irai tout droit devant moi, j’aurai laissé derrière moi tout ce qui est pénible, tout ce qui est gris, froid, tout le monde que je n’aime pas, à qui je n’ai plus rien à dire, je roulerai.

   Je saurai que devant moi m’attendent aussi des soucis, de la tristesse, des gens qui souffrent, qui vont mourir. Je saurai que je roule vers un avenir incertain, jusqu’à une mort inéluctable. Je serai résigné à aller devant moi uniquement parce que derrière moi, c’est une tristesse connue.

 

   Et à un moment, entre deux masses sombres de montagnes à contre-jour, je verrai le soleil couchant, je verrai sa lumière rose et orangée, cette poudre finement tamisée de poussières lumineuses suspendues dans les airs, une vie extraordinaire de particules minuscules, infinitésimales, vibrantes d’intensité, roses pâles tyriens, pastels orangés, dorés, à travers des effilochages lilas sombre et violet, nuages flottant là pour être frôlés par la lumière qui joue à les caresser au passage. Je conduirai sans fin dans cette lumière, je me sentirai bien.

Envie

 

— Pourquoi tu as fait ça ? demanda le maître à l’enfant.

— J’en avais envie.

— Ce n’est pas une raison ! protesta le maître.

— C’est bien ce que je dis, murmura l’enfant.

  1. Lecture
  2. Linge
  3. Savoir
  4. Division

Page 2 sur 10

  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Copyright © 2026 Les Équevilles – Blog de littérature - Tous droits réservés
Joomla! est un Logiciel Libre diffusé sous licence GNU General Public